Sur les plateformes BDSM, les arnaqueurs se font régulièrement passer pour des “maîtresses” afin d’extorquer de l’argent. Leurs méthodes sont largement connues et reposent toujours sur les mêmes signes. Les repérer repose donc sur l’observation attentive de leur discours, de leur comportement et de leur manière d’interagir. L’intelligence artificielle n’aide pas en rendant les discours de plus en plus crédibles malheureusement.
Des annonces génériques et peu fiables
Les Dominatrices parlent généralement de leur style, de leurs pratiques favorites, de leurs limites et de leur expérience. Elles savent décrire une dynamique D/s, expliquer leur cadre, leurs règles, et évoquer des notions essentielles comme le consentement, les safewords ou la sécurité.
À l’inverse, un brouteur reste extrêmement vague. Ses annonces et ses messages sont composés de phrases très générales, souvent copiées d’un profil à l’autre comme “Je suis une maîtresse très sévère.” ou “Je cherche un soumis loyal et obéissant.” Aucune précision crédible, aucun vocabulaire authentique, aucune cohérence. Le texte pourrait convenir à n’importe qui et ne reflète pas une personnalité ni une pratique réelle.
Un profil qui ne date que de quelques heures, vide et composé de photos volées
Un autre signe classique est le manque d’éléments vérifiables sur le profil. Les brouteurs publient en général une ou deux photos glamour issues de séances professionnelles, souvent retrouvables partout sur internet. Ces images sont choisies pour attirer, mais ne s’inscrivent pas dans une activité réelle. Pas de passif, pas de publications régulières, pas d’interactions, pas de traces d’existence dans une communauté.
Une Domina amateure ou professionnelle réelle peut tout à fait préserver son intimité, mais elle laisse souvent au moins quelques éléments cohérents. Comme des photos de séances, des interactions, une présence sur FetLife ou Twitter, Instagram ou en ce qui me concerne un blog, ou simplement une manière fiable de la situer.
Une demande d’argent presque immédiate
C’est le signe le plus évident. Le brouteur cherche l’argent très vite, souvent dès les premiers messages. Les demandes sont toujours les mêmes, “Tu dois payer un tribut pour prouver ta loyauté.”, “Avant de parler, envoie une avance PayPal.” ou encore “Il y a des frais d’inscription pour devenir mon soumis.”
Ce principe d’argent préalable est une stratégie classique.
Une véritable Dominatrice professionnelle facture ses services, mais elle l’annonce clairement, avec des tarifs définis, un fonctionnement transparent et un cadre légal minimal. Le brouteur, lui, crée une pression immédiate sans structure ni transparence.
Personnellement, j’ai eu tellement de lapins qui m’ont été posés que je demande un acompte avant de valider un rendez-vous pour une séance avec une personne que je n’ai jamais rencontré. Cela dit, je ne demande jamais d’argent pour discuter ou échanger un téléphone.
Une fuite systématique de tout contact vocal ou vidéo
Pour éviter d’être démasqué, l’arnaqueur refuse toute forme de vérification : pas d’appel audio, pas de vidéo, pas de selfie contextualisé avec un mot à écrire, pas de preuve simple de son identité.
Les excuses sont variées telles que “je suis timide”, “ce n’est pas dans mes pratiques”, “je n’ai pas le matériel” , etc, mais le résultat est toujours le même, il n’apporte aucune preuve qu’il est la personne présentée sur les photos.
Un langage étrange, maladroit ou incohérent
Le vocabulaire BDSM demande une compréhension minimale du milieu. Les dynamiques, règles, sécurité, termes précis. Beaucoup de brouteurs ne le maîtrisent pas totalement. Cela se traduit souvent par un ton très théâtral, l’usage maladroit de mots pseudo-BDSM, des incohérences dans la manière de s’exprimer.
Des techniques de pression émotionnelle
L’arnaqueur utilise la culpabilisation et la pression psychologique pour obtenir un paiement rapide. Ses stratégies sont typiques : “Si tu refuses, tu n’es pas un vrai soumis.”, “Tu me fais perdre du temps, montre que tu es sérieux.” ou encore “Je veux que tu m’obéisses maintenant.”
Ce n’est ni du BDSM ni de la domination. Ce n’est qu’une manipulation visant à faire céder la victime. Une Dominatrice réelle peut être exigeante, mais elle reste dans un cadre consensuel, respectueux et clair. Elle ne cherche jamais à arracher un paiement par le chantage émotionnel.
Une volonté de quitter très vite la plateforme
Un marqueur extrêmement fréquent est que le brouteur veut passer immédiatement à WhatsApp ou à Telegram sous divers prétextes. “Passe sur WhatsApp/Telegram, je suis rarement connectée ici.”
Sortir de la plateforme rend la traçabilité plus difficile, empêche les signalements et facilite le blocage après l’arnaque.
Règle d’or : croire le comportement, pas les ordres.
Un vrai profil BDSM se reconnaît à sa cohérence, sa transparence et son respect du consentement, à des images avec plusieurs fois la même personne reconnaissable mais jamais à un discours spectaculaire.
J’espère que ces quelques pistes vous aideront à y voir un peu plus clair. Ne foncez pas tête baissée, gardez les idées claires, ces arnaques sont bien huilées. Ce sont, à défaut d’être des professionnelles du BDSM, des professionnels de l’arnaque financière et sentimentale.