lundi 23 juin 2025
dimanche 22 juin 2025
samedi 21 juin 2025
vendredi 20 juin 2025
mercredi 18 juin 2025
Les frontières du lien
Elle le regarde et elle sait.
Il n’a jamais eu besoin de mots pour révéler ce qu’il ressent. Il l’aime, d’un amour dévorant, silencieux, impossible.
Cet amour-là, elle l’a vu naître dans ses yeux, dans ses silences, dans sa soumission offerte sans mesure. Et elle, la Maîtresse, ne détourne pas les yeux. Elle accueille ce qu’il ressent sans l’encourager ni le condamner.
Ce qu’elle éprouve pour lui n’est pas ce qu’il attend, mais ce n’est pas rien. C’est une forme d’amour différente, plus exigeante, un attachement dépourvu de désir ou de passion.
Elle l’aime à sa manière, comme on veille sur un être dont on a choisi de prendre soin, comme on protège celui qui s’en remet à vous sans défense. Cet amour-là n’a rien de jaloux ni de possessif. Il ne réclame ni baiser ni étreinte. Il repose sur le respect, la bienveillance, la certitude d’avoir un rôle à jouer pour lui. Ce lien, elle l’a voulu en pleine conscience. Ce qu’il lui donne, elle l’accepte avec une gratitude silencieuse. Et ce qu’elle lui rend, c’est cette force tranquille qui l’apaise et le protège.
Elle est douce, attentive aux moindres frémissements, aux silences trop lourds. Sous la rigueur de son rôle, elle laisse filtrer cette tendresse qu’il perçoit sans pouvoir la nommer. Même dans son sadisme, il y a du soin. Un sadisme mesuré, encadré par une attention constante. Elle peut être tactile, présente, réconfortante jusque dans la douleur qu’elle inflige. Une main posée, un regard qui rassure, un geste qui ancre. Et c’est là que parfois tout se brouille. Cette affection sincère, il la prend pour l’amour qu’il espère.
Mais ce n’est pas cet amour-là qu’elle ressent. Rien à voir avec celui d’une femme pour un homme ou avec la passion d’une amante. C’est un amour qui veille, qui garde ses distances, qui protège justement en refusant de céder. L’amour d’une Maîtresse pour son soumis.
Elle en est certaine, répondre à son amour serait une trahison. Ce n’est pas ce qu’il a besoin de recevoir. Ce serait l’égarer, le perdre, briser ce qu’ils ont construit. Alors elle veille à maintenir cette frontière invisible. Elle donne tout ce qui peut l’aider sans jamais franchir la limite où tout s’effondrerait. Son rôle, son devoir, c’est de le maintenir à l’endroit où il est libre dans sa servitude et en sécurité dans cet équilibre fragile qu’il recherche.
Et lorsqu’il s’éloigne après la séance, elle reste droite et ferme. Pas de trouble, pas de doute. Elle sait ce qu’elle est pour lui, un repère, une force, un refuge dans les limites qu’elle trace. Cet amour particulier, elle le transforme en autorité bienveillante et en engagement solide. Ce qu’elle lui offre suffit. Ce qu’elle retient les protège. Et c’est avec cette certitude qu’elle avance, prête à être encore et toujours la Maîtresse dont il a besoin.
mercredi 4 juin 2025
mardi 3 juin 2025
GFB 2025 Berlin
Il y a quelques mois, LolitaPuce m’a annoncé qu’elle allait participer au fameux défilé de la German Fetish Ball en tant que designer. Quelle belle nouvelle ! Mais la plus fantastique en ce qui me concerne, est qu’elle voulait que je défile pour elle. Moi !
Je n’ai évidemment pas pu refuser. Vous connaissez sans doute mon amour pour le spectacle. Chaque fois que l’on me propose de griller les planches, de mettre le feu au public, de faire une performance lors d’une soirée, avec ou sans mon Peegy, je suis toujours de la partie. Peut-être, suis-je un peu exhib ? À vous de me le dire.
Toujours est-il que le truc était lancé. Nous irons cette année à la GFB et moi j’aurai mon pass de model.
Quelques échanges plus tard, l’idée de faire de moi « THE BUTCHER(ess) » est lancé ! Je suis on ne peut plus enthousiaste car j’avais depuis longtemps l’envie de faire cette tenue de « bouchère » avec mon Peegy en bon petit cochon de boucherie qu’il est.
Les rendez-vous sont fixés pour les prises de mesures et les essayages.
Il faut dire que LolitaPuce voit les choses en grand. En très grand, même. Je sais déjà que le résultat sera sublime. Mais. Car il y a toujours un « mais ». Je ne suis qu’une tenue en latex sur quinze. Et bien sûr, personne n’a de taille standard. C’est d’ailleurs ce qui fera le succès de son défilé. Chaque mannequin n’en a pas forcément la taille. Nous avons toux un corps différent. Grand, petit, mince, rond, masculin, filiforme, tout ce qui fait la divesité du monde en somme.
Et bien sûr, chaque personnalité aura sa tenue en rapport avec ce qu’elle a envie de dégager. Femme, queer, trans, sissy, bref, pratiquement toute la fourchette des genres étaient représentés dans ce defilé hors du commun. Il y aura notamment, l’ingénue en tenue de nuit, une femme d’affaires en jupe tailleur, une punk avec sa batte de base ball, une lady en tenue édwardienne, une Jeanne d’Arc, une déesse Grecque, une archère, une geisha, une Maitresse SM, une bouchère parisienne, une cavalière avec son poney et d’autres que j’oublie.
Encore bravo à LolitaPuce qui a su regrouper une telle qualité de caractères différents mais qui a parfaitement matché ensemble. C'était du pur génie.
La bande son qui nous a toux accompagné sur le podium a été aussi pensé, réfléchi pour coller parfaitement à chaque style au bon moment.
Quand je pense que 10 minutes avant de monter sur le podium pour commencer le défilé, LolitaPuce était encore entrain de couper du latex, et que 5 minutes avant de coudre une jupe ! Quel stress ! Mais chacun a su se rendre utile pour aider l’autre, j’ai même engagé le Peegy qui trainait par là pour qu’il aide à habiller et à shiner ce qui devait l’être. Merci à toux d’avoir mis, un coup de poudre sur le nez de l’autre, donné de l’eau, shiné, ajusté le latex, et surtout encouragé LolitaPuce et sa chérie Chatalere qui étaient complètement sous l’eau les quelques minutes d’intense effervescence juste avant que soit entendu la première note de notre tour.
En écrivant ses mots, je ressens à nouveau cet élan d’énergie et d’entraide de la part d’absolument chaque model pour que tout se déroule comme prévu pour notre designer. Nous étions toux en surchauffe dans ces containers métalliques qui nous servaient de loge. Il devait faire 40 degrés et en latex, le maquillage commençait en fondre, un peu comme le juge à la fin de « Qui veut la peau de Roger Rabbit ».
Nous étions une ruche ballotée par les vents. L’heure approchait à grande vitesse, et soudainement, on est venu nous chercher.
« It’s time ! Hurry up ! ».
Puis nos 34 secondes de gloire chacunx est passé aussi vite que nous l’avions attendu longtemps. (C’est quoi cette phrase ?). Tout au long du show, qui a duré moins d’une dizaine de minutes, nous flottions sur un petit nuage. La musique, notre prestation, le public qui nous encourageait, la fierté de faire juste pour LolitaPuce et surtout la beauté de chaque tenue nous a fait vivre des moments parfaits.
Je suis extrêmement fière d’avoir pu participer a ce défilé novateur qui a su montrer a quel point la diversité était importante et nous étions présentx pour le clamer haut et fort !
Je suis absolument ravie d'avoir pu faire la connaissance de nouvelles personnes et de celles que je connaissais déjà mais dans un autre contexte.
J'ai passé de merveilleux moments avec eux toux et j'ai tellement apprécié la camaraderie et l'entraide qu'il y a eu entre toux les participantx.
Sans cette énergie et cette gentillesse, je n'aurais jamais pu vivre ça aussi génialement bien!
Je n'ai pas arrêté de recevoir des compliments sur le défilé et l'énergie que l'on dégageaient toux!




















