jeudi 23 octobre 2025

Violence vs domination

 



Ce matin en me réveillant, il y avait une question anonyme qui m’attendait (AMA). Cette personne courageuse, me demandait si enfant, j’avais été frappée : « Were you spanked or caned growing up? ». Ce qui sous-entend sans doute dans l’esprit du questionneur, que c’est ce qui m’avait amenée à être Domina. J’ai été choquée par cette question.


Hasard du calendrier, hier, je lisais ici-même sur un groupe, un soumis qui faisait le raccourci grossier que si une femme était déçue par une ancienne relation amoureuse, elle devenait forcément dominatrice pour se venger des hommes et vénale de surcroit. Et il ne comprenait pas pourquoi c’était si difficile en tant que soumis de trouver une femme « normale » qui voulait bien le dominer pour ce qu’il était et non pas ce qu’il représentait aux yeux de toutes ces vilaines vengeresses.


Donc, je me suis rendu compte que les projections des gens et les images d’Épinal à l’encontre des femmes dominantes étaient beaucoup trop vivaces dans ce milieu qui est « sensé » être ouvert d’esprit.


T’es aigrie = tu veux te venger
T’as connu des violences = tu veux te venger
T’es pauvre = tu veux profiter
T’es une femme fragile = Tu veux te venger
...

La projection dans l’esprit des gens serait qu’une femme est l’objet de désir des hommes et pas l’inverse. Donc si une femme se disait dominatrice, ce n’était pas parce qu’elle en avait envie mais parce qu’il y avait forcément eu un déclencheur qui l’avait fait devenir dominatrice.


De plus, si une femme est dominatrice, c’est qu’elle n’aime pas l’homme mais a un besoin viscéral de le rabaisser, de se venger de quelque chose, être méprisante et hautaine pour se sentir mieux.

Mais à AUCUN moment ces personnes n’ont pu imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, qu’une femme a des désirs, des envies et des besoins. Et qu’elle est capable de réaliser elle-même ses fantasmes sans passer par le truchement d’un tiers.


Pour rester impartiale, je me suis donc demandé ce qui poussait/forçait une femme à devenir dominatrice.

Je dois donc convenir que certaines femmes ont pu se sentir impuissantes, ignorées, ou violentées par le passé. La domination peut alors devenir une manière de reprendre le contrôle, de se réapproprier le pouvoir sur leur corps, leurs désirs, ou leur vie.


Chez d’autres, sans forcément avoir vécu des choses négatives, la domination peut aussi être une armure pour contrer une timidité ou une faiblesse émotionnelle. Contrôler l’autre permet de ne pas être vulnérable, de ne pas subir de blessures affectives ou psychologiques.

Être dominatrice peut être aussi un moyen de s’affirmer, de prendre confiance, d’exprimer une force ou une autorité qu’on leur a peut-être appris à dissimuler. Cela peut devenir une forme d’affirmation de soi.


Dernièrement, avec la « banalisation médiatique du BDSM », certaines femmes peuvent être influencées par des modèles actuels où la femme dominante est vue comme libre, puissante et désirable. Cela peut encourager à devenir cette « femme forte ».

N’oublions pas les femmes dans une détresse économique ou un goût prononcé pour « l’argent facile », tentent des arnaques plus ou moins grossières pour appâter les plus naïfs. Ou les prostituées qui se disent dominas pour différentes raisons sans avoir une once de dominatrice en elles.


Ensuite, il y a celles dont la domination est venue d’une curiosité ou d’une découverte érotique. Elles réalisent qu’elles tirent du plaisir, de l’énergie, ou une satisfaction émotionnelle du fait de diriger, de contrôler, ou de guider.

Et celles, qui comme moi, ont naturellement une personnalité forte, directive, ou charismatique. Ce n’est pas une « réaction » à quelque chose, mais simplement une expression naturelle de leur caractère dominant. Souvent des dominatrices lifestyle ont ce tempérament depuis toujours.


Puis les dominatrices professionnelles. Ces femmes qui tirent partir de (presque) tout ce qui précède pour en faire leur métier. Les « vraies » professionnelles sont généralement passionnées par leur art, possèdent un Donjon et du matériel de qualité. Connaissent les pratiques sur le bout des doigts et dominent d’une manière étique, dans un souci de sécurité et d’hygiène irréprochable.


Évidemment, il y en a d’autres. Lesquelles pourront avec plaisir mettre un commentaire ci-dessous pour expliquer le comment du pourquoi.


Enfin, toujours est-il que j’en ai un peu marre de ces propos réducteurs sur la puissance des femmes. Pourquoi toujours leurs trouver des « excuses » ? Pourquoi toujours vouloir les voir « faibles et asservies » plutôt que fortes et indépendantes ? Je ne suis pas une « chienne de garde » (quoi que…), mais j’en ai ras le bol, ne serait-ce que de ce patriarcat sous-jacent qui sourde à chaque intervention de frustration, ou dès qu’une femme qu’elle soit dominante, soumise ou autre, parle un peu plus fort qu’un porteur de testicules.


Sinon, pour répondre à la question qui m’a fait écrire ce poste :
Non, je n’ai jamais été battue étant enfant. Pas plus en tant qu'adulte.


Et pour étendre un peu la réponse, je suis une Dominatrice lifestyle avec un métier tout ce qu’il a de plus normal et qui parfois domine de façon professionnelle quand le canevas m’intéresse.

mardi 21 octobre 2025

Pourquoi suis-je devenue Domina?





Ok, je sais que je vais choquer, mais je vais vous avouer une chose : En fait, je ne suis pas née comme cela. Que nenni.
Et ce qui va suivre n’est que la vérité et rien que la vérité.


Un jour, il y a quinze ans environ, je me suis réveillée et je me suis dit que j’en avais marre.
Marre de me lever tous les matins pour aller travailler. Marre de bosser avec/pour des abrutis. Marre de payer des impôts. Une assurance maladie. Un loyer. La nourriture.
J’allais donc dès ce jour, claquer des doigts pour que tous mes vœux soient réalisés.
Et PAF, le génie de la lampe est sorti, et il a immédiatement réalisé mon souhait.


Depuis ce jour, je me réveille au son des doux murmures de mon soumis-maître-d’hôtel, m’apprenant que ma tasse de thé, à la température parfaite et une tranche de tresse au beurre avec un soupçon de confiture fraises étaient posés à côté de moi sur un plateau avec une rose Baccara dans un vase en cristal, sur mon lit. Car oui, je mange dans mon lit, étant donné que j’ai une soumise-soubrette pour changer mes draps quotidiennement, il me serait inconvenant de me coucher le soir dans de la soie pleine de miettes.


Pendant que je déguste mon déjeuner, un soumis-fétichiste-des-pieds me les masse doucement avec de l’huile parfumée à la grenade pour me mettre de bonne humeur pour la journée.


Je me lève et le bain aux pétales de roses m’attend, bien sûr, pile à la bonne température, je ne tolérerais pas qu’il en soit autrement. Deux éphèbes d’à peine vingt ans s’occupent de me savonner et de délicatement me passer l’éponge naturelle sur chaque centimètre carré de mon corps.


Une fois fait, un peignoir chauffé m’attend à la sortie du bain. Peignoir tenu par un soumis-porte-serviette. Un soumis-fétichiste-tricophile se charge de me coiffer et de faire mon chignon parfait pendant qu’une soumise-sissy me maquille et m’apprête de vêtements de marque qui m’ont évidemment été offerts par un monneyslave.


Ensuite, un autre soumis-fétichiste-des-pieds check mon vernis, me passe délicatement mes bas et me chausse de mes escarpins hors de prix.


La matinée se passe où je reçois chaque soumis faisant partie de mon gigantesque harem pour me louer et réitérer à genoux, leurs vœux à être à mes pieds jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ou que je révoque leur contrat.


Puis un soumis-chauffeur m’attend ensuite pour m’emmener faire quelques emplettes. Du maquillage, quelques foulards en soie, des sacs, des escarpins, puis me ramène chez moi pour déguster un dîner préparé par mon soumis-chef attitré. Que des produits d’exceptions bien sûr. Je ne me nourris que de foie gras, de caviar et du meilleur Champagne. Un cheikh saoudien me fournit chaque semaine en meilleur Beluga.


L’après-midi est voué aux séances de domination. Je ne reçois exclusivement que les meilleurs et plus dévoués esclaves. Bien sûr, tous ont eu la langue arrachée pour m’éviter d’entendre leurs questions stupides, et ils sont bien sûr analphabètes pour que je n’ai pas à subir l’affront d’éventuels courriers insupportables. Les échanges épistolaires se réduisent uniquement à envoyer, par sms, des photos des achats du jours aux différents soumis-mécènes qui m’ont à leur charge.


Les soumis-masochistes sont ceux que je préfère, mais parfois je suis lasse de les frapper, et je n’ai pas envie de ressentir la moindre douleur. Il est tellement affreux de voir une femme telle que moi avec la paume des mains rouges à force de distribuer des fessées, que je sous-traite avec plaisir à un pleasure-soum le travail. Et je reste assise sur mon sublimissime séant en m’engonçant dans un trône d’or et de velours fait à mes mesures, en regardant mes soumis s’amuser entre eux, c’est si mignon.


Un verre de vin de Beaume de Venise à ma disposition, rafraichit par de la neige provenant directement du sommet du mont Cervin, sur un plateau en argent tenu par un soumis-forniphile-guéridon.


Une fois les séances terminées, mes Amies Dominas sont introduites dans mon salon de réception pour un souper protocolaire.


Chacune aura à son service un soumis-maître-d’hôtel attitré pour prendre soin d’elles et anticiper chaque désir. Une horde de soumis-de-service guettent le moindre mouvement pour satisfaire nos exigences lors du repas.


Nous terminons la rencontre en passant dans le petit salon, où les meilleurs nectars nous seront servis, tout en fumant élégamment quelques tiges enfoncées sur un très long porte-cigarettes en ivoire de rhinocéros blanc, tout en évoquant les risibles histoires de soumis que mes Consœurs subissent au quotidien. Les pauvres…

Harassée de cette longue journée, je file au hammam où un soumis-serviteur, me déshabille puis m’enduit intégralement le corps d’huile de roses de Damas. Je me couche sur une table de massage tempérée pour recevoir des caresses curatives d’un soumis-massothérapeute.


Vient l’heure du coucher où mon soumis-fétichiste-des-pieds passera une bonne partie de la nuit à me masser délicatement les pieds pendant mon sommeil en attendant le réveil pour une autre merveilleuse journée en tant que Lady Dragonne.

lundi 20 octobre 2025

Arrêtons de protéger les abuseurs



La violence peut se cacher derrière des gestes anodins, des mots, des silences, des rapports de force ou des manipulations.

La violence faites aux femmes, nous invite aussi à penser aux jeunes hommes, aux homosexuels, aux personnes non binaires et à toutes celles et ceux qui, à un moment de leur vie, ont subi ou subissent encore des formes de violence physique, psychologique, sexuelle ou économique.

Elle peut toucher n’importe qui, dans n’importe quel contexte, y compris dans des espaces où la confiance et le consentement devraient être au centre de tout.

Dans le milieu BDSM, où les notions de pouvoir, de soumission et de domination sont explorées de manière consentie, la frontière entre jeu et abus peut être détournée par des personnes mal intentionnées.

Certaines personnes se présentent comme « maîtres » mais enfreignent allègrement les règles fondamentales du BDSM. Ils oublient sciemment le consentement, la sécurité et la confiance mutuelle.

Des violences physiques, des viols et des humiliations non consenties ont trop souvent été commis sous prétexte de « pratique extrême » ou de « formation », alors qu’il s’agissait clairement d’abus.

Ces comportements n’ont rien à voir avec le BDSM. Ils relèvent purement et simplement de la violence et de la domination forcée, et doivent être dénoncés comme tels.

Arrêtons de minimiser ces actes odieux. Un viol est un viol, quand la personne n’avait pas explicitement autorisé un coït, même sous prétexte d’être une soumise. Une fellation forcée, est aussi un viol, même si c’était dans le cadre d’un « jeu ».

J’encourage les personnes violentées à DÉNONCER les abus et les abuseurs, à la police ou à une autorité compétente. Ce n’est PAS honteux de pratiquer le BDSM, et vous avez le droit de porter plainte pour une agression sexuelle quelle qu’elle soit.

Ne laissez plus agir impunément ces personnes nocives car vous n’avez pas osé les dénoncer. Ne restez pas seul/es dans cette épreuve.

Les communautés BDSM responsables rappellent que toute interaction doit être fondée sur le principe SSC (Sain, Sûr et Consenti).

Un/une dominant/e ne possède jamais le consentement de son/sa soumis/e. Il ou elle reçoit sa confiance, qu’il faut protéger, pas exploiter.

Le NON reste toujours un non. Le retrait du consentement met immédiatement fin à tout jeu, sans répercussion.

Rappelons-le clairement : le consentement doit TOUJOURS être libre, éclairé et réversible. (Même dans le CNC, oui oui ).

Il n’existe aucune justification à la peur, à la contrainte ou à la douleur imposée sans accord.

Le milieu BDSM doit être un monde sûr. Un monde où l’on doit créer des espaces protégés, respectueux et conscients, où chaque personne peut exister, aimer et s’exprimer sans crainte.

Le respect mutuel et la sécurité émotionnelle sont des droits fondamentaux, pas des privilèges.

Si vous vous êtes déjà senti blessé/e, forcé/e et/ou privé/e de parole, sachez que ce n’est pas votre faute.

Il existe des personnes et des structures prêtes à écouter et à aider, sans jugement. Ma messagerie est aussi ouverte si vous ne voulez pas affronter cette situation seul/e .


En Suisse
https://www.agression-sexuelle-urgences.ch – Victime d’agression sexuelle
https://aiuto-alle-vittime.ch/fr/ – Aide aux victimes Suisse

En France
https://arretonslesviolences.gouv.fr
https://www.filsantejeunes.com

 

dimanche 19 octobre 2025

Les différents types de soumis et de soumises dans le BDSM

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vendredi 17 octobre 2025

J’te montre ma quette, tu m’prêtes ta trott’ ?


Avouons-le, un homme qui met une photo de sa verge en profil, ça dérange. Et quand il se dit dominant, c’est pire car il se décrédibilise direct.
Alors pourquoi une femme peut-elle exhiber ses nichons sans que ça choque, même quand elle se dit dominante ?


Je crois que c’est avant tout culturel.
Dans le monde vanille, le corps féminin est autorisé à être visible, tant qu’il plaît. On le montre partout, pour vendre du gel douche, des yaourts nature ou des vacances balnéaires. On suggère, on expose, même quand il n’y a rien de sexuel. C’est devenu banal. Dans le BDSM, même un corps loin des standards classique plaira, tant que la mise en scène est intéressante. Du coup, une photo d’une femme qui s’exhibe, ça passe toujours mieux.


Le corps masculin, lui, n’a pas ce privilège culturel. Nu, il dérange plus facilement, surtout quand il s’impose sans contexte artistique ou érotique clair.
Ici, sur Fetlife, en photo de profil. Beaucoup se sentent agressés simplement parce qu’un type a cru, à tort, que son sexe était une clef magique qui ouvrirait toutes les portes du désir.


Certains pensent encore que leur bite (ou leur anus grand ouvert) peut servir de carte de visite. Sauf que non. Ça ne fait fantasmer qu’eux, sur leur propre corps.
Alors que les formes féminines, elles, déclenchent souvent un fantasme tourné vers l’autre. L’homme s’imagine que sa propre nudité produira le même effet. C’est rare. Ça arrive, mais c’est l’exception.


Le corps féminin a toujours été sexualisé, valorisé et contrôlé. Alors, quand une femme montre ses seins, ça peut être lu comme une reprise de pouvoir, une affirmation de soi, un geste politique.
Le sexe masculin, lui, reste associé au pouvoir, à la domination, à l’acte sexuel. Son exposition paraît plus brute, plus intrusive, agressive même.


Ajoutons à cela que la plupart des dick pics sont envoyées sans consentement. Celui qui les envoie croit être séduisant ou audacieux, mais pour celle ou celui qui les reçoit, c’est une agression visuelle. Car le pénis, dans sa forme et sa symbolique, est plus frontal. Ce n’est pas une question de beauté, mais on n’a pas appris à le regarder de la même manière. Et puis, beaucoup d’hommes pensent encore qu’en envoyant une photo porno, ils en recevront une en retour. Comme si la réciprocité allait de soi.
Quand une femme montre ses seins, c’est différent. Le geste est souvent choisi, assumé, maîtrisé, elle décide du cadre et du public et le fait rarement sans en avoir averti le destinataire préalablement.


Donc, montrer ses seins ou son vagin est perçue comme un truc trop chou. Alors que montrer sa bite est une agression. Pourquoi ?

lundi 6 octobre 2025

Mais quelle idée!

 


Mais d’où vous vient cette idée saugrenue que nous, les femmes, n’aurions que l’embarras du choix ?
Il paraît que les Dominas sont inondées de messages de sollicitation. Il paraît aussi que les soumises croulent sous les offres de mâles dominants. Il n’y a qu’à se pencher pour les ramasser. Des hommes à la pelle. Une piscine olympique remplie à ras bord de mecs qui n’attendent seulement que l’on se baigne parmi ce choix infini.


Oui, en tant que Domina, je reçois quelques messages de la part de soumis hommes qui veulent s’offrir à moi. Et en discutant avec mes copines, consœurs de tous poils — donc Dominantes, soumises et même vanilles — nous sommes effectivement souvent sollicitées par des hommes. De tous poils aussi : soumis, dominants, vanilles, libertins, charos, etc. Et ce, que l’on soit en recherche ou pas. Même lorsque c’est indiqué clairement que ces femmes ne sont pas libres, elles reçoivent malgré tout des demandes.


Et ces messieurs — de tous poils, donc — le sont rarement, sollicités par des femmes. Pourquoi ? C’est là le cœur du questionnement. Et je vais tenter de vous l’expliquer.

[Attention, je vais sciemment faire une généralité. Inutile de monter aux créneaux tout de suite. Je sais que ce que je vais décrire plus bas n’est pas la majorité. Ce n’est que le 98 %…]


À mon sens, l’homme, éduqué comme il l’est depuis des siècles, a toujours été au centre de l’attention sexuelle. Un homme se doit d’obtenir ce qu’il désire. Et il doit faire en sorte d’avoir gain de cause. Consciemment ou non, bien sûr. Tout a toujours été mis en œuvre pour faire croire que l’homme, le mâle donc, n’avait qu’à demander pour obtenir. La femme est uniquement là pour être disponible. Un homme a des besoins, voyons ! La femme, elle, n’a pas de demande. La femme peut être parfaitement heureuse et comblée avec une relation platonique, d’ailleurs.
Oui, c’est vrai. Mais il n’y a pas que cela.


Ce qui différencie vraiment le nombre de messages envoyés par les hommes et par les femmes n’a rien à voir avec les besoins naturels, car toutes les femmes qui naviguent sur ce site le font parce qu’elles ne sont justement pas de celles qui se contentent de relations platoniques. Si nous, les femmes, sommes ici, c’est bien parce que nous recherchons des interactions. Pensent-ils que si nous sommes ici, c’est que nous ne sommes que des salopes en chaleur ? Nan.


Eh bien, nous, les femmes, prenons le temps de lire les profils qui nous intéressent. Nous les lisons et ne faisons pas que nous figer sur les images lascives. Si on like, nous le faisons avec parcimonie, et non pas compulsivement avec notre clitoris dans l’autre main. Nous remontons patiemment le fil d’activité et essayons de comprendre qui est l’autre. Nous recherchons les dernières interactions. Nous prenons le temps de comprendre si ce profil virtuel pourrait correspondre à ce que nous cherchons réellement. Nous regardons avec qui et de quelle manière ce profil interagit avec les autres. Et c’est seulement lorsque ce petit travail de détective est achevé que nous prenons la décision d’envoyer ou non un message à la personne. Évidemment, il y a très souvent des points qui chiffonnent ; alors, le message n’est pas envoyé. Mais s’il l’est, il sera un message sur mesure. Ce message sera fait pour que son lecteur se sente unique et sache qu’il lui est spécialement destiné. Car c’est la vérité. Nous nous donnons de la peine pour écrire un texte attrayant et qui colle à tout point de vue.


À contrario, les hommes voient un « truc » qui leur plaît et, direct, balancent un message fade, souvent du copié-collé. Et franchement — ne le niez pas — se disent : « De toute façon, je ne risque rien. » Est-ce pour cela que les hommes envoient autant de messages ? Comme disait Jean-Claude Dusse : « Sur un malentendu, ça peut marcher. » Et même si, aléatoirement, il y a parfois en face une femme qui répond et qui donne raison au Dusse du pauvre, la majorité de ces messages sont ignorés, car ils sont creux et ne résonnent pas avec celles qui les ont reçus. Les « koukou sa va » ou autres « on peu discuter » me font saigner la rétine. Et je suis loin d’être la seule.


Il a été écrit maintes et maintes fois, ici ou ailleurs, des textes pour vous faire comprendre, messieurs, comment faire.


Personnellement, je poste assez de contenu pour que l’on puisse me pondre trois pauvres phrases cohérentes qui puissent attirer mon attention, non ? Ça prend moins de cinq minutes pour savoir ce que j’aime et ce que je n’aime pas. Les « que pratiquez-vous ? » me rendent aussi folle. Sérieusement, messieurs, sortez-vous les doigts et prenez quelques minutes pour comprendre à peu près qui nous sommes avant de nous solliciter, par pitié.


Quand j’ai un message tout pourri, je réponds par : « Allez lire mon profil. » J’ai fini de perdre mon temps à tenter — en vain — de les éduquer.


Après plus de quinze ans dans le BDSM et douze ans sur ce site, j’en ai vu, des types frustrés. Des types malhonnêtes qui font des commentaires non sollicités. Des souminateurs. Des fantasmeurs. Des hommes en rut qui feraient mieux de s’offrir une passe. Des menteurs. Des types qui ne savent pas ce qu’est le BDSM et qui ne sont même pas un tantinet kinky. Mais tous ont un point en commun : ils tentent leur chance sans réflexion aucune. C’est pathétique.


Je profite aussi pour dire que les hommes qui en font « trop », en écrivant un fleuve de mots sur plusieurs pages (oui, j’vous jure que ça existe), c’est tout aussi pénible et inutile.


Messieurs, accrochez-vous et utilisez un petit peu plus votre cerveau du haut.

Donc, pour répondre à ma question initiale : sommes-nous toutes ultra-demandées à ne plus savoir que faire de notre messagerie tellement elle vomit des demandes ? Pas vraiment. Car la majorité n’est pas exploitable. Oui, on a plein de messages, mais non, nous n’avons pas qu’à nous pencher pour ramasser. Si on se penche, nous ne voyons que de la médiocrité.