jeudi 26 novembre 2020

L’objet de tous vos plaisirs

 


«  L'objet de tous vos plaisirs  »

La dominatrice 'Courtisane des limbes' reçoit un soumis pour une séance de sadomasochisme. Une cérémonie intime et extrême, enregistrée avec l'accord des participants....








dimanche 22 novembre 2020

Voici le pionnier du travestissement

 Fréminville : un marin, archéologue et travesti

 


Aux Saintes, en Guadeloupe, le jeune chevalier Fréminville tombe amoureux de Caroline. La jeune femme l’a soigné après son accident sur la plage de Marigot. La photo en médaillon représente Fréminville, alias « La chevalière ».

 

 

Étonnant destin que celui de Christophe-Paulin de la Poix, chevalier de Fréminville. Marin, archéologue, il finit sa vie à Brest en 1848, où « Mademoiselle Pauline » était avant tout connu(e) pour son goût du travestissement.

Mac Orlan qui a connu le chevalier de Fréminville à Brest, dans les dernières années de sa vie, le décrivait comme « une tête de vieille tortue rasée de près et boucanée par le soleil des Antilles ». Il louait alors l’ouverture d’esprit des Brestois. « Quelle ville de France, écrivait-il, se montrerait, de nos jours, aussi tolérante pour l’innocente manie d’un vieil homme possédé par on ne sait quel démon intérieur ? » Car Christophe-Paulin de la Poix, chevalier de Fréminville, officier de Marine avec près de trente ans à la mer, explorateur, archéologue de la Bretagne, était aussi connu comme « Mademoiselle Pauline », ou « La chevalière », en raison de son goût pour le travestissement en costumes féminins.

 

Trente ans de marine à voile

 

Né le 24 janvier 1787, à Ivry-sur-Seine, Fréminville choisit très tôt la carrière maritime. À 14 ans, en 1801, il devient aide de camp de La Touche-Tréville. Il se distingue lors de l’attaque de Boulogne par Nelson, puis participe à la sanglante répression de l’armée française à Saint-Domingue (l’actuelle Haïti) par le général Leclerc, dont il accompagne la dépouille en métropole. Sur le bateau, le jeune officier se plaint de l’épouse du général, Pauline Bonaparte, sœur du futur empereur

 

En 1806, il est membre d’une expédition dans le grand nord contre les baleinières britanniques. Fréminville développe ses connaissances en hydrographie. Très bon dessinateur, il ne cesse de « croquer » les paysages et les curiosités naturelles ou historiques dans les contrées qu’il traverse. En 1807, il est nommé lieutenant de vaisseau. Royaliste affirmé, il poursuit sa carrière sous la Restauration, même s’il n’obtient pas le commandement d’une campagne d’exploration. Reste que Fréminville, entre 1818 et 1831 ne cesse de voyager sur les océans. Il est notamment chargé de tester le Loch Bouger, un instrument d’hydrographie, qui ne le convainc guère.

 

Amour tragique aux Saintes

 

Fidèle aux Bourbons, Fréminville ne semble guère goûter la monarchie de Louis-Philippe, instaurée en 1830. Il prend alors sa retraite et s’installe à Brest. Il écrit beaucoup, mais se singularise surtout par ses déguisements en femme.

Fréminville a, en effet, subi un profond traumatisme amoureux, en 1822, lors d’un séjour dans l’archipel des Saintes, aux Antilles. Là, le chevalier tombe en pâmoison à la vue d’une jeune femme, Caroline, qui le soigne après un grave accident sur la plage du Marigot alors que Fréminville s’est aventuré en mer pour recueillir des coquillages. Les deux jeunes gens s’éprennent l’un de l’autre, sous le rigoureux chaperon de la sœur de la jeune femme. Mais Fréminville doit embarquer précipitamment en octobre, malgré la passion qui le consume. Pendant plusieurs semaines, son navire croise autour des Saintes. Sa fiancée se désespère, croit qu’il l’a abandonnée. Le fringant officier de Marine ne revient qu’en décembre aux Saintes, pour apprendre que, se pensant oubliée, Caroline se serait suicidée en se jetant à l’eau, là où lui-même avait eu son accident…

 

« La chevalière »

 

Le chevalier est inconsolable. La perte de Caroline est un véritable choc psychologique. On est aussi en pleine période du romantisme littéraire, si prompt à célébrer les amours tragiques ou impossibles. De retour en métropole avec la robe que portait la jeune Antillaise, il commence à prendre l’habitude de s’en vêtir.

 



Retiré à Brest, Fréminville se lance dans les études historiques, tout en conservant son goût pour le travestissement qui fait sans doute sensation dans la cité du Ponant. Il en conserve le surnom de « chevalière ». 

 

En 1831, Fréminville publie un curieux « Essai sur l’influence physique et morale du costume féminin », dans lequel il explique que les vêtements féminins « agissent délicieusement sur le système nerveux d’un être délicat et lui font éprouver intérieurement des jouissances inconnues ». Retiré à Brest, Fréminville se lance dans les études historiques, tout en conservant son goût pour le travestissement qui fait sans doute sensation dans la cité du Ponant. Il en conserve le surnom de « chevalière ».

 

En 1913, « Les Annales de Bretagne », chroniquant ses mémoires de marin, notaient que Fréminville pouvait être considéré comme l’un des pères de l’archéologie bretonne (lire ci-dessous), mais « malheureusement, il se signala à l’attention de ses contemporains et des curieux de l’histoire anecdotique par son étrange manière de se déguiser en femme ». Les observateurs soulignent, eux, surtout la tolérance des Brestois qui en avaient vu d’autres.

 



Un pionnier en Bretagne

 

Dans le premier volume de « Antiquités de la Bretagne-les Côtes du Nord », édité en 1837, Fréminville rend compte de deux visites qu’il fit à Lanleff, la première, sans doute, en 1810, la seconde en 1815. Il présente le « Temple », comme « un édifice gaulois consacré au culte du soleil ».

 

Marin, hydrographe et fin dessinateur, Fréminville a croqué les curiosités naturelles, historiques et archéologiques des nombreux pays qu’il a visités. Sa manière de dessiner les personnages apparaît d’ailleurs particulièrement nouvelle, presque proche des auteurs de la BD moderne. En 1831, alors retraité, le chevalier de Fréminville se passionne pour le passé de la Bretagne. Il participe ainsi à un mouvement intellectuel qui, quelques décennies après la Révolution française, remet en valeur le passé antique et médiéval de la péninsule. Un phénomène qui remonte à la fin du XVIIIe siècle, avec la naissance du courant bretoniste, puis la création de l’Académie celtique, en 1804, sous le patronage de Napoléon. On y retrouve Cambry, auteur d’un « Voyage dans le Finistère », présenté comme l’un des premiers ouvrages d’ethnologie bretonne et avec lequel Fréminville entretient des liens. Pendant plusieurs années, Fréminville parcourt la Bretagne pour recenser les « Antiquités » et laisse un témoignage fort intéressant sur l’état dans lequel elles se trouvaient dans la première moitié du XIXe siècle.

 

Bien entendu, Fréminville n’échappe pas aux travers de son temps. Il relaye certains clichés nébuleux de monuments, comme le « Temple » de Lanleff, dans lequel il voit une ancienne commanderie. Lui-même appartenait à une loge brestoise qui se revendiquait des anciens templiers du Moyen Âge. L’importance de ses travaux en fait incontestablement l’un des précurseurs des études archéologiques et historiques en Bretagne.

 

 

 

Source: https://www.letelegramme.fr/histoire/freminville-un-marin-archeologue-et-travesti-22-03-2020-12522781.php

 

 


Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chevalier_de_Fréminville



 

samedi 21 novembre 2020

Sac de contention en cuir

 


Comme une envie de le laisser passer toute la nuit à l’intérieur 

de ce sublime sac de contention en cuir.





Un énorme merci à mon petit soumis l pour ce magnifique cadeau et sa confiance. 

C’est à chaque fois un moment magique. 











vendredi 20 novembre 2020

En attendant...

 


...de me rencontrer en vrai, il y aura toujours le virtuel.







jeudi 19 novembre 2020

Le pénis

 


Pour ne pas qu’il y ait de jaloux, voici une petite vidéo sur le penis... je suis certaine que vous allez apprendre un truc ou deux...






mardi 17 novembre 2020

Le désir féminin

 


Ça, on le savait déjà que ce qui nous excite n'est pas forcément ce qui nous attire et inversement.

Mais en vrai c'est tellement plus compliqué...



Pour visionner (4 minutes): https://www.arte.tv/fr/videos/087419-008-A/tu-mourras-moins-bete/




lundi 16 novembre 2020

vendredi 13 novembre 2020

Branding

 


Voici un joli petit cochon dessiné sur les fesses d’une grosse cochonne







4 jours plus tard:










jeudi 12 novembre 2020

mardi 10 novembre 2020

Putophobes

Article sympa de Reines des Temps Modernes


Bertoulle Beaurebec – “La putophobie, la misogynie et le slut-shaming sont des comportement de plus en plus normalisés”


 


 

Notre QUEENSPIRATION de la semaine s’appelle est multipotentielle. Elle s’appelle Bertoulle Beaurebec. Elle est artiste-performeuse d’art corporel rituel, travailleuse du sexe dans la pornographie, afroféministe et autrice. En octobre dernier, elle nous livrait le puissant ouvrage Balance ton Corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leur corps. 

 

RTM | Bonjour Bertoulle, nous sommes ravies de t’accueillir sur RTM. Quels sont les mots que tu choisirais pour t’introduire à nos lectrices et lecteurs ?

Bertoulle | Je suis Bertoulle Beaurebec, je suis une femme queer afropéenne et afroféministe pro-choix âgée de 24 ans. Je suis artiste-performeuse d’art corporel rituel (mes disciplines de prédilections sont l’avaler de sabre, les rituels de résistance à la douleur). Mes objectifs, au travers de cet art, sont d’inspirer et d’atteindre des états modifiés de conscience. Je suis également travailleuse du sexe dans la pornographie (et j’ai auparavant été effeuilleuse érotique, dominatrice BDSM, strip-teaseuse, sugar-babe et escort). Et enfin je suis autrice. Mon premier ouvrage Balance ton Corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leur corps a paru aux éditions la Musardine le 1er octobre de cet année.

RTM | Plus jeune, quel rapport entretenais-tu avec ton corps ?

Bertoulle | Je pense que comme beaucoup, lorsque j’étais adolescente, j’ai eu une relation ingrate et conflictuelle avec mon corps pour diverses raisons. Le regard que la société dans laquelle nous évoluons porte sur nos corps est essentiellement emprunt de jugements et d’injonctions contradictioires qui sont encore plus difficile à questionner lorsqu’on est jeune. Pour autant, même si certaines parties de mon corps me complexaient, je n’ai jamais été pudique, ni ressenti de honte vis-à-vis de ma pilosité, par exemple.

RTM | Quand prends-tu conscience que ton corps est tien et qu’il n’appartient qu’à toi de décider ce que tu en feras ?

Bertoulle | Je l’ai toujours sû. Bien évidemment, il m’a fallu attendre un certain âge, mon indépendance et l’assimilation de certaines expériences pour agir en conséquence.

RTM | Dans tes performances, tu n’hésites pas à repousser les limites de ton corps. Quel est ton rapport au risque ?

Bertoulle | Très serein.

RTM | Beaucoup pensent que féminisme et prostitution ne sont pas compatibles. Selon toi, le féminisme peut-il se penser sans intégrer les vécues, les paroles et les luttes des travailleuses du sexe ?

Bertoulle | Non, il ne le peut pas. Les travailleuses du sexe sont des femmes et des personnes sexisées : iels ont toujours participé aux combats féministes et aux luttes contre les discriminations de genre, sexistes et racistes. Pour autant, iels ont toujours été agressées, discriminées, tuées, raillées dans l’indiférence générale. Si une catégorie de la population à la connaissance nécessaire pour développer des stratégies de survie et penser un monde plus égalitaire face à l’hétéropatriarcat capitaliste, ce sont les putes ! Accorder la valeur que méritent leurs existences, leurs paroles, leur vécus et leurs pensées politiques est primordial afin de faire avancer la cause des personnes sexisées et discriminées. Il me semble que c’est l’objectif du féminisme. En tout cas, celui auquel j’adhère est pro-choix: par conséquent il n’a aucun critère moral pudibond postchrétien pour considérer une personne sexisée comme étant défendable ou non. Qu’iel décide d’exercer son droit àobtenir une IVG, qu’iel porte le voile ou qu’iel soit travailleuse du sexe.

RTM | Qu’est-ce qu’être une femme noire dans l’industrie pornographique ?

Bertoulle | C’est être une femme noire dans le milieu du travail au sein d’une société postcoloniale et sexiste. Avec les mêmes stéréotypes sexuels qu’on appose aux femmes noires dans les sphères sexuelles et amoureuses intimes. La misogynoir n’épargne aucun travail.

RTM | Quels sont les plus gros clichés qu’on associe aux actrices pornos et aux travailleuses du sexe selon toi ?

Bertoulle | Leur supposée absence de capacité de réflexion, leur supposée superficialité, leur supposée incapacité à nouer des relations intimes et amoureuses profondes, leur supposée inaptitude à prendre soin et éduquer des enfants, par exemple.

RTM | Comment définirais-tu le BDSM ?

Bertoulle | BDSM est un acronyme pour Bondage et Discipline/ Domination et Soumission/ Sado-masochisme. Il s’agit de diverses pratiques érotiques et/ou sexuelles qui découlent d’une érotisation de la douleur et des rapports de pouvoir entre des partenaires de jeu consentant.e.s et adhérant.es à un certain nombre de règles plus ou moins communes aux adeptes.  

RTM | Le BDSM peut-il est une pratique de réappropriation du corps ?  

Bertoulle | Je pense que pour une pratique saine du BSDM, il faut nécessairement être à un endroit d’écoute et de compréhension de son corps afin de ne pas se mettre en danger (ou mettre en danger ses partenaires de jeu). Mais d’autres personnes concernées pourraient avoir un avis différent.

RTM | Quels conseils donneraient-tu aux femmes qui souhaitent se réapproprier leur corps ?

Bertoulle | Faire taire le bruit sociétal ambiant et apprendre à s’écouter. Puis agir en conséquence de ce qu’il nous faut.

RTM | Tu viens de sortir un ouvrage « Balance ton corps », un manifeste pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Comment est née l’idée de cet ouvrage ?

Bertoulle | L’écrire s’est imposé à moi comme une nécessité en constatant que la putophobie, la misogynie et le slut-shaming étaient des comportement de plus en plus normalisés.

https://www.instagram.com/p/CFSKjd_A6eP/

RTM | A qui s’adresse ce livre ?

Bertoulle | À tout le monde !

RTM | En quoi ton vécu et tes expériences ont-ils nourrit ton afroféminisme ?

Bertoulle | Je dirais que mon afroféminisme a nourri mon aptitude à cristalliser  mes expériences et contribué àma capacité politiser les actions de ma vie personnelle pour contribuer -à mon niveau- à faire de notre sociétéun monde plus bienveillant et juste.

RTM | Il y a une citation que l’on te doit que je trouve magique : “Etre une salope éclairée est politique, être une salope spirituelle est révolutionnaire ». Qu’est-ce qu’être une salope spirituelle ?

Bertoulle | C’est être une femme libre sexuellement tout en étant spirituelle .

RTM | Quand on fait exploser le cadre des normes, comment se sent-on vis à vis d’une société si brimée ?  

Bertoulle | Libre et chanceuse.

RTM | Quel est ton idéal de vie en société ?

Bertoulle | Vivre au sein d’une société bienveillante où l’altérité serait célébrée, le capitalisme aboli et la nature respectée me semblerait idéal.

RTM | J’ai lu que tu écoutais du métal. Aurais-tu 3 artistes métalleux noir.es à nous conseiller ?

Bertoulle | Ah! Manuel Gagneux et son projet Zeal and Ardor, Tosin Abasi et son groupe Animal as Leader. Ice-T et son groupe Body Count. Si des personnes connaissent des groupes de metal (pas de rock hein!, avec des musiciennes afrodescendantes, qu’iels me DM sur instagram!

RTM | Et enfin qu’est-ce qui fait de Bertoulle une Reine Des Temps Modernes ?

Ma multipotentialité.





 

Source : https://reinesdestempsmodernes.com/rtm-world/queenspiration/2020/11/bertoulle-beaurebec-la-putophobie-la-misogynie-et-le-slut-shaming-sont-des-comportement-de-plus-en-plus-normalises/

 



 

 

 

lundi 9 novembre 2020

ABDL

 

Connaissez-vous les ABDL ? Les bébés adultes qui aiment les couches et s'amusent à en porter ? C'est une communauté grandissante d'adultes qui jouent à redevenir des jeunes enfants. Mathias Tuosto, réalisateur à la RTS, est allé à la rencontre d’adeptes suisses de cette pratique.

Suivez ce lien pour en apprendre un peu plus : https://youtu.be/pfOkdo2yL






mercredi 4 novembre 2020

Trayeuse adoptée!

 


J’ai pu enfin tester la trayeuse 2.0 sur mon petit soumis lionel qui m’a fait ce fabuleux cadeau.

Camisole de force, fermement attaché sur la table des supplices, je l’ai branché sur la machine et j’ai laissé faire.

Deux heures de traite et deux heures de bonheur, pour lui d’abord car apparemment c’est vraiment efficace, et pour moi ensuite car j’ai pu le tourmenter avec mes deux mains libres.




Écrit par lionel: Hier soir j’ai vécu cette séance tellement intensément grâce à vous, à votre savoir, avec la passion que vous y mettez, cette trayeuse qui est à la fois si cruelle avec ces séquences et arrêts inattendus avec aussi les changements de rythme mais à la fois tellement jouissif en même temps, rajouté à cela le fait d’être attaché magnifiquement et à votre merci, avec comme cerise sur le gâteau votre splendide tenue et gants en cuir, tout ce mélange m’a rendu complètement fou et lorsque je suis parti de chez vous j’avais l’impression de planer encore🤩




mardi 3 novembre 2020

Gynarchie ?

 


Il y a quelques temps, on m’a invité sur un groupe Facebook suisse qui prône la gynarchie.

J’ai volontiers accepté de me joindre à ce groupe, car j’ai grand plaisir à côtoyer saturne l’administrateur, mais sans vouloir être intronisée en grandes pompes pour autant car je reste perplexe quant à ce sujet. 

La gynarchie est pour moi un concept utopique qui draine plus de fantasmeurs que de sujets réels. Mais soit. J’accepte l’idée, et ceux qui y croient.

Donc me baladant sur cette page, un post m’interpelle, et je n’ai pu m’empêcher de taquiner un peu en écrivant: «  Franchement, j'y croirai quand un sujet mâle viendra passer deux heures à genoux pour récurer mes sols à la brosse à main SANS CONTREPARTIE 😉 »

J’ai immédiatement eu comme réponse un « chiche? » de l’administrateur.

Qui m’a ensuite répondu lorsque j’ai accepté sa requête: « il suffisait de demander tres chere Madame Clementine D ce sera un grand plaisir de vous revoir 2 heures a frotter sans rien en retour et vous prendrez une photo que vous metterez sur le groupe prenons rdv en pm »

Notez en passant qu’une contrepartie a été réclamée sous la forme d’une photo à poster sur la page, mais soit, j’ai laissé passer car j’adore prendre des photos moi aussi pour vous les partager ici même. 

Et voici que j’ai maintenant des sols récurés impeccablement et une belle photo en prime! 

Gynarchie, j’y crois? Pas encore, mais j’avoue que cela a du bon! 


dimanche 1 novembre 2020

Halloween/Toussaint

 


Une bonne soupe à la courge?






samedi 31 octobre 2020

La faute à Ève



 

 

«La faute à Ève», ou comment une lecture de la Genèse a rendu la femme inférieure et coupable


La Bible a été convoquée de manière fallacieuse pendant des siècles afin de légitimer des fantasmes misogynes dont elle n'était pas porteuse.




Dans les sociétés juives et chrétiennes, mais aussi musulmanes, autrement dit dans les sociétés qui tiennent la Bible pour un livre inspiré, le livre de la Genèse a été abondamment exploité, de l'Antiquité tardive à l'époque moderne, pour façonner la femme originelle, Ève, en être coupable devant susciter la méfiance. Le texte sacré a servi de support à une double interprétation misogyne. D'abord du point de vue de la création et ensuite de celui de la «chute», déterminant ainsi un fondement scripturaire et religieux à la conviction d'une infériorité et d'une culpabilité féminines.


La figure d'Ève apparaît toujours aujourd'hui comme l'image originelle de la femme sujette à la tentation et à la curiosité transgressive, et à son tour tentatrice et fauteuse de la chute de l'homme. Ève proposant la «pomme» à Adam appartient à une vulgate iconographique et culturelle qui est aussi solidement ancrée qu'elle est dévoyée par rapport au texte biblique. De ce fait, Ève comme source du péché est une figure mythologique de la misogynie, mais cette misogynie-là s'est construite par une cristallisation spécieuse, opérée au détriment du texte de la Genèse. Autrement dit, la Bible a été convoquée de manière fallacieuse pendant des siècles afin de légitimer des fantasmes misogynes dont elle n'était pas porteuse.


Un portrait-charge


La femme, ayant été modelée à partir de la côte de l'homme endormi, Adam, lui-même façonné dans la terre par la main d'Élohim, a été regardée comme tirée de l'homme. Le récit de la Genèse a, de ce fait, donné lieu à une extrapolation tenace: puisque la femme est postérieure à l'homme et qu'elle est tirée de lui, elle n'aurait été qu'une création secondaire de Dieu et une auxiliaire de l'homme. En d'autres termes, plus philosophiques, secondaire dans l'ordre chronologique, elle le serait aussi dans l'ordre ontologique. Sans compter que la postérité serait aussi un critère d'infériorité ontologique, ce qui est une extrapolation puisque l'homme, dans le processus de création, est lui-même postérieur à la terre, au ciel et aux animaux!


Rappelons le texte. Le façonnement de la femme y procède d'une constatation qui est à la fois celle de l'homme et celle de Dieu lui-même: aucun être créé par Dieu dans les espèces animales ne procure à Adam une aide suffisante à ses besoins, ce qui le renvoie à la solitude. Dans le texte, la raison pour laquelle Dieu façonne une compagne à l'homme est très claire: il s'agit de lui donner, par elle, un être véritablement capable de l'extraire de cette solitude et de l'aider. L'infériorité ontologique de la femme par rapport à l'homme est donc un jugement de valeur qui considère l'aidant comme inférieur à l'aidé, ce qui est une vue de l'esprit tout à fait discutable.


À cela s'ajoute le rôle joué par Ève dans la tentation et la chute. Dans l'Éden, elle est séduite par le discours du serpent, qui l'incite à goûter le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. C'est elle qui convainc Adam de faire de même. Par là même, Ève a été érigée en être influençable par le malin, en être à la fois indocile et curieux, étendant sa tentation à l'homme. Bref, en être par qui le malheur arrive. Condamné au travail, à l'enfantement douloureux et à la mortalité, le couple primordial se trouve chassé de l'Éden avec le poids de sa faute.


Ce n'est pas tant la Genèse qui pèse que les interprétations fallacieuses qui ont fleuri sur elle. Dès les premiers siècles, mais surtout au cours du Moyen Âge, le texte a été extrapolé vers l'infériorité et la subordination de la femme à l'homme et vers la responsabilité première du péché et des douleurs qui en découlent. Perçue comme étant d'un statut inférieur à lui, elle représente en outre la menace de conduire à la faute envers Dieu. Tel est le fondement, soi-disant scripturaire, d'une perception misogyne terriblement tenace.


Dans les sociétés considérées, le texte biblique faisant autorité incontestable, ces interprétations, qui ne sont autres que des lectures spécieusement conduites par la logique, obéissent en fait à une forme de diabolisation de la femme qui n'est autre que la misogynie. Une misogynie fondée par l'Écriture, justifiée par elle et donc fondée en vérité, et verrouillée par des fondements religieux. La conséquence est terrible: compagne seconde et défaillante de l'homme, Ève reçoit la plus grande part des malédictions prononcées à l'égard du couple par celui que la Bible n'appelle pas encore Yahvé.


Étant perçues comme des êtres dangereux, elles étaient considérées comme devant être soumises, écartées et mises hors d'état de nuire.


Sans être plus misogyne que ses contemporains, saint Paul énonce, au milieu du Ier siècle, un certain nombre de ces interprétations dans ses Épîtres. À la fin du IIe, Tertullien, le premier écrivain parmi les Pères latins, l'accrédite en faisant de la femme, dans son traité sur l'âme, la porte du diable. Il insiste encore sur ce point dans son livre contre la toilette des femmes, en vilipendant le maquillage, considéré à la fois comme une attention excessive portée au corps et une propension à la tentation séductrice de la chair. On prendra cependant garde à ne pas assimiler les assertions de Tertullien avec celles de l'ensemble des chrétiens: celui-ci avait en effet rejoint le courant des Montanistes, qui, dans sa méfiance envers les faiblesses du corps, prônait et pratiquait une ascèse radicale.


La compagne d'Adam n'est nommée Ève qu'en deux occurrences dans la Bible. D'abord dans Genèse 3, 20, où Adam la nomme Hawwāh (= vivante, vie). Ensuite, deux fois par saint Paul. On a façonné au Moyen Âge une origine fantaisiste de ce nom en lui prêtant une étymologie latine fortement misogyne: Eva viendrait de extra vadens («qui s'égare») parce que la femme était supposée sortir par nature de la voie de la sagesse et de la raison. La conséquence de cette misogynie n'a cessé de peser ensuite sur les femmes. Étant perçues comme des êtres dangereux, elles étaient dès lors considérées comme devant être soumises, écartées et, par l'organisation sociale, mises hors d'état de nuire.


Le dévoiement des récits de la Création


Une lecture attentive, dans la Genèse, des passages qui peuvent se prêter à une interprétation misogyne nous donne à voir tout autre chose. Le premier récit de la Création indique: «Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.» On ne voit ici aucune antériorité de l'homme sur la femme, mais une simultanéité, puisque le texte ne fait aucun distinguo chronologique. Par ailleurs, on n'y trouve aucune hiérarchisation entre îsh(l'homme) et ishshah (la femme), qui sont présentés comme deux déclinaisons du même être.


Le second récit de la Création se montre plus précis. Élohim modèle l'homme avec de la glaise du sol, et le nom qui lui est donné, âdam, vient du mot hébreu désignant le sol, adâmah. C'est la raison pour laquelle André Chouraqui, dans sa traduction littérale de la Bible, traduit âdam par «le glébeux». Dieu insuffle dans ses narines une haleine de vie, qui lui permet de devenir un être vivant. Il l'établit dans le jardin d'Éden pour qu'il le cultive et le garde, lui faisant toutefois interdiction de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.


Élohim crée alors des animaux pour fournir à âdam une aide assortie, mais celui-ci ne la trouva pas parmi ceux-ci. De cette constatation d'inachèvement, il fait tomber l'homme dans un profond sommeil, prend l'une de ses côtes, referme sa chair, façonne une femme de cette côte et l'amène à l'homme. Celui-ci l'appelle alors ishshah, car tirée de îsh, ce qui est un jeu sur l'homophonie des termes.


Adam apparaît comme une sorte de prototype imparfait et c'est Ève qui vient, par la main de Dieu, parachever l'être humain.


L'affirmation qui suit est explicite: c'est pour cette raison que l'homme s'attache à sa femme et qu'ils deviennent une seule chair, ce qu'ils sont effectivement. Autrement dit, la femme apparaît dans le second récit de la Création comme un correctif à l'inachèvement, un perfectionnement destiné à parfaire l'être humain en le complétant. On est donc bien loin d'une quelconque misogynie puisque la femme est aussi façonnée par Dieu, dans la même matière que l'homme, la sienne. N'en procède aucune infériorité, car elle n'est pas une apostille: c'est par elle que l'homme devient pleinement homme, et donc pleinement l'image de son créateur. Adam apparaît comme une sorte de prototype imparfait et c'est Ève qui vient, par la main de Dieu, parachever l'être humain.


Aboutissement de la Création, elle a donc été l'objet, de la part de toute une exégèse approximative ou malintentionnée, de dérives interprétatives misogynes. Au XIIIe siècle, Thomas d'Aquin était, semble-t-il, bien conscient de ce problème d'interprétation. Il écrit ainsi qu'Ève aurait pu être considérée comme inférieure à Adam si elle avait été tirée de son pied, et comme supérieure à lui si elle avait été tirée de sa tête. Les traducteurs de la Genèse se sont aussi demandé si elle avait été tirée de la «côte» (costa) ou du flanc (latus) d'Adam.


Adam et Ève sont donc deux êtres issus d'une seule création. C'est pourquoi l'Évangile de Jean désigne Jésus non pas comme anèr (homme) mais comme anthropos (homme, au sens d'être humain): cela se traduit dans quelques représentations androgynes du Christ dans l'art médiéval, tel ce vitrail roman du XIIe siècle de la cathédrale du Mans, dans lequel il possède de toute évidence une poitrine féminine.


Relisons maintenant le passage qui concerne la faute dans la traduction faite par l'École biblique de Jérusalem en 1964. Ève voit dans l'arbre défendu un arbre séduisant car «désirable pour acquérir l'entendement». Il ne s'agit donc pas d'une curiosité malsaine, mais du désir humain de connaître et comprendre, que l'on peut interpréter comme la conséquence de la création de l'être humain achevé. Un désir qui résonne comme le prodrome de la «rage d'apprendre» des femmes de l'époque moderne. Ève mange du fruit et en donne à Adam, qui en mange également sans émettre la moindre protestation.


Lorsque Élohim découvre l'infraction à son commandement, le texte évoque une suite de déresponsabilisations: Adam rejette la faute sur Ève qui lui a donné le fruit; Ève la rejette sur le serpent, qui lui a assuré qu'elle ne mourrait pas si elle en mangeait. Elle n'était pourtant pas mortelle, alors, et cela traduit un manque de confiance, inexplicable dans le cadre de l'Éden. Il est remarquable qu'à la suite de ce double aveu, Dieu commence par maudire le serpent. Il étend ensuite sa malédiction sur la femme, qui enfantera désormais dans la peine et qui, poussée vers son mari, sera dominée par lui; et sur l'homme, condamné à peiner pour manger et promis à retourner à la terre d'où il a été tiré. Il condamne donc la femme à donner la vie dans la peine et l'homme à la mort après une vie de peines. On le voit, le châtiment diffère, puisqu'il évoque le don de la vie pour la femme et la mortalité pour l'homme.


À tout le moins, il est remarquable que la responsabilité de la faute n'incombe pas à la femme seule. La déclinaison des malédictions remonte la chaîne des causalités, du serpent à l'homme en passant par la femme. Celle-ci n'est aucunement désignée comme la responsable de la faute, qui est partagée par son alter ego masculin. Une fois chassé du jardin d'Éden, le couple conçoit Caïn. Or, le texte n'évoque en rien la peine, mais une jubilation d'Ève en l'honneur de Dieu: «J'ai acquis un homme de par Élohim», dit-elle. Ce qui devait être son châtiment, son asservissement à l'homme et les peines de la grossesse, devient, par la maternité, la capacité de faire des hommes. Et si Dieu agrée l'offrande du puîné, Abel, il n'agrée pas celle de Caïn, le premier-né. Par la reproduction, la femme reçoit un pouvoir similaire à celui de la création divine, tandis que, dans ce passage, Adam est le grand absent. Il revient ensuite dans le texte comme fondateur d'une lignée, la patrilinéarité mésopotamienne reprenant ses droits.


On le voit, c'est donc bien une lecture misogyne de la Genèse qui s'est ancrée dans la tradition, et non la Genèse elle-même, qui a conduit à grever Ève d'infériorité et de culpabilité. Celle-ci a déterminé une perception négative de la femme, de l'Antiquité à nos jours.






 

Source: http://www.slate.fr/story/196519/la-faute-a-eve-bonnes-feuilles-histoire-de-la-misogynie-arkhe-editions-adeline-gargam-bertrand-lancon