mardi 15 septembre 2020

Clovis Trouille



 

Clovis Trouille (1889-1975), un prénom royal et un nom aux antipodesdes combats d'un peintre qui ne craignait personne et surtout pas l'ordre établi. Anarchiste, antimilitariste et anticlérical, il pourfendit le drapeau, le sabre et le goupillon par des toiles d'un réalisme kitschissime. Celui qu'André Breton surnommait le Grand Maître du Tout est Permis devait bien croiser Sade sur sa palette. 



Que l’on retrouve en petit sur l’affiche au dessus de La Voyeuse. Ces deux tableaux montrent bien l’influence de Sade sur l’œuvre de Clovis Trouille.





Dolmancé et les fantômes de luxure

autres titres :

 

Adoration du bouc. « Dolmancé »

 

Dolmancé en son château de la Coste 1959

 

« Luxure »

 

« Luxure, ou les rêveries du Marquis de Sade »

 

Éducateur, Protagoniste mâle de la Philosophie dans le boudoir ; L’irréligion, l’impiété, l’inhumanité, le libertinage découlent de ses lèvres, comme autrefois l’onction mystique de celles du célèbre archevêque de Cambrai.

 

Un des peintres les plus étranges de sa génération. Georges Bataille nous a révélé qu’il a travaillé longtemps dans un atelier fournissant des mannequins de cire au Musée Grévin. Cela expliquerait en partie le sens plastique de Clovis Trouille qui donne à chaque être une véritable turgescence, ainsi que son goût manifeste du décoratif et du symbolique. Ce peintre fait penser à un Douanier Rousseau qui aurait su écarté toute timidité devant l’érotisme ; mais il n’est nullement un « primitif », ni un « naïf ». Il apporte à ses compositions une telle intensité soucieuse du moindre détail et d’exprimer définitivement chaque rêve éveillé, qu’il ne peut que rappeler les grands artistes catalogués par Han Prinzhorn et, plus récemment, par Robert Volmat, mais sans trace de névrose obsessionnelle. L’affirmation de la réalité interne au mépris du monde extérieur, l’abolition totale de la censure, l’onirisme divinisé sont d’ailleurs des traits communs entre le surréalisme et la psychopathie, sans cependant engendrer la moindre confusion entre les deux. La schizophrénie a pour syndrome essentiel la rupture du contact avec la réalité et entraîne le schizophrène à se désintéresser de tout ce qui n’est pas son rêve intérieur ! L’artiste se débat dans un monde semblable sans pour cela être, ou risque d’être, un aliéné. ( v. « Freud et l’Art »).

 

Clovis Trouille pourrait facilement être comparé à un peintre habile. Dimi, traité par un médecin Grec, le docteur N. N. Dracoulidès ; tous les deux savent condenser des cauchemars, mais tandis que Dimi n’utilise qu’une tendance artistique innée que pour exprimer des pulsions inconscientes, Clovis Trouille garde entièrement sa conscience et domine jusqu’au sarcasme ses thèmes qu’ils eut délirants. Les grandes collections d’art sont faites pour lui, au même tire que pour Bouchant ou Bombois.

 

S’il y a « délire » chez Trouille, il vient d’une authentique ivresse érotique : il a réussi à rendre tactile l’érotisme figuratif et l’orner des fruits inattendus de son imagination.

J.-M. Lo Duca

 

Dictionnaire de Sexologie (« Sexologie-Lexikon »). 1962

 

Texte du catalogue de la première exposition solennelle de Clovis Trouille à la Galerie Raymond Cordier. Mars 1963

 

 

Source : https://clovis-trouille.com/dolmance-et-ses-fantomes-de-luxure/

 

 


Merci à Jean pour le partage 

















 

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